Rencontre Passa Porta Le Diable, son éditeur, et ses auteurs

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On peut rester chez soi ou sortir sous la pluie. On peut rester chez soi à lire des livres ou sortir sous la pluie à la rencontre d’autres qui les ont publiés et / ou écrits. C’est ce que je me suis décidée à faire ce soir, malgré une légère envie de renoncer, et la certitude que l’humeur était plus au mutisme qu’aux échanges. Pas de problème : une fois sur place, il suffit d’écouter.

Toujours dans le mille, en attendant que ça commence, je me lance dans la lecture d’un roman d’Ann Patchett, This is the story of a happy marriage, (incroyable, le site est horrible, comme la plupart des sites d’auteurs pro!) qui n’a rien à voir avec le thème de la soirée, plutôt le genre gros Best-Seller américain… alors que les auteurs du Diable sont déjà là, leurs livres aussi, mais pas le public. (Le public, a finalement peut-être choisi la première solution. Rester chez soi.) C’est donc devant des rangs clairsemés, une chaise vide, deux chaises vides, une chaise occupée, que la rencontre commence.

Ce n’est pas tous les jours qu’un éditeur vient au devant du public, et a fortiori accompagné de trois auteurs. Ayerdhal, Romain Monnery et Thomas Gunzig, impeccables. On ne va donc pas bouder son plaisir, et même je commence à me dire que c’est pas mal du tout, d’écouter. Dans la série rencontrer-rester-assis-ne-pas-avoir-l’air-de-s’ennuyer-mais-quand-même-un-peu, celle-ci n’est pas la pire, de loin.

Marion Mazauric, l’éditeur du Diable Vauvert est incontestablement un personnage qui gagne à être croisé. C’est une femme, elle a fait des choix et elle est éditrice. (nul doute que la pluie ne lui fait pas peur.) Je n’ai jamais rêvé d’être éditrice. Mais j’admire les femmes qui ont franchi le pas. Mon amie Marie BarbierSabine Wespieser, Constance de Bertillat, Anne Carrière, Héloïse d’Ormesson, Claire Paulhan, Joëlle Losfeld, Anne-Marie Métailié, (et donc : Marion Mazauric.)

Une éditrice parisienne qui part vivre en Camargue, avec le projet de continuer sa maison d’édition avant-gardiste un peu fermée aux alentours (la nature, les chevaux, et la corrida, c’est un monde, la littérature, un autre…) finit par intégrer les deux, en créant une association qui organise des lectures, une résidence d’écrivains sur place, et un prix littéraire.

« Amener la littérature là où on ne l’attend pas », dit Marion Mazauric. Alors que là où on l’attend, dans une soirée de rencontre, est-ce le contexte ? Est-ce le public ? Est-ce la légère lassitude de ce début d’automne, je ne suis pas sure qu’elle était là, absolument là, la littérature. Il fallait lui accorder le bénéfice du doute. Le bénéfice de voir trois auteurs qui chacun ont déjà ou commencent à tracer des chemins d’écriture complexes, entourés par une éditrice motivée.

Mais aussi, il faut bien les vendre, ces livres, et pour ça, le mieux, c’est de se montrer, et de parler. Même si on ne peut certainement pas enchanter les foules dans un format un peu figé, mais on n’est pas non plus des clowns…

C’est donc persuadée que le monde de l’édition a du mérite talent, et les auteurs aussi, mais hésitante quand aux formats de promos possibles : on écoute d’abord pendant deux heures, et on boit après… que je quittais la soirée, pour tenter ma chance à la maison du peuple, où se fêtait la sortie du Belge ce soir, mais c’était trop tard.

La prochaine fois : on boit d’abord, et on écoute ensuite ?

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